Ce n’est pas de gaieté de cœur que les commissaires ont adopté, le 5 juillet, un budget qui comporte un déficit de 855 263 $ pour l’année financière 2012-2013. Devant un tel vide à combler, la CSRN a obtenu in extremis du ministère de l’Éducation (MELS) le droit d’utiliser jusqu’à 32 pour cent de ses surplus, alors que la loi impose une limite de 20 pour cent. Ce sera toutefois insuffisant.
«Au 30 juin 2011, nous avions cumulé des surplus d’environ 2 446 150 $. La part que nous pouvons utiliser avec l’autorisation spéciale du Ministère totalise 782 768 $. Il nous manque donc 72 495 $ pour atteindre l’équilibre budgétaire», a indiqué Martial Drolet, directeur du Service des ressources financières à la CSRN.
Rendu à l’osLa Commission scolaire devra donc analyser ce qu’elle peut encore couper ou modifier pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici la rentrée de 2014. Elle a jusqu’au 31 octobre pour déposer son plan au MELS. Mais la tâche sera colossale, pour ne pas dire titanesque.
«On examine toujours où l’on pourrait encore couper, mais le ménage a déjà été fait depuis longtemps. Là, on est rendu sur l’os. On est à se demander si on coupe la main droite ou la main gauche, ou si on peut juste couper un doigt ou deux», a lancé avec dépit le directeur général de la CSRN, Yves Bédard.
Épée de Damoclès sur les élèves«On est à se demander si on coupe la main droite ou la main gauche, ou si on peut juste couper un doigt ou deux» - Yves Bédard
Depuis l’an dernier, les compressions budgétaires imposées par le MELS ont totalisé près de 1,2 M $ pour la CSRN. Ce qui, de l’avis de M. Bédard, est énorme pour une commission scolaire qui, au 30 juin dernier, comptait 5591 élèves.
«Nous ne sommes pas encore rendus à sabrer dans les services aux élèves, mais on n’aura peut-être plus le choix, a-t-il laissé entendre. On ne sait tout simplement plus quoi faire. C’est bien beau couper dans l’administration, mais on est le secteur de l’État où, avec 5 à 6 pour cent du personnel, la proportion est la moins élevée. Dans d’autres secteurs, ça peut atteindre jusqu’à 16 ou 17 pour cent.»
Exigences contradictoiresMême constat navrant du côté du président du Comité de parents de la CSRN, Arthur Leclerc. «D’un côté, le Ministère nous demande de hausser le taux de diplomation dans nos écoles, mais de l’autre il nous prive des ressources pour le faire, a-t-il déploré. Peu importe les postes qu’on coupe, les élèves finissent toujours par être affectés en bout de ligne.»

