S’inspirant de l’émission Méchant changement, où des jeunes voient leur chambre complètement transformée par une équipe d’experts, les élèves ont ciblé les locaux qui, à leur avis, avaient le plus besoin d’un rafraîchissement, puis ont procédé aux rénovations encadrés par quelques adultes.
Sélection sévèreChaque enseignant s’est ainsi vu remettre un questionnaire dans lequel, de manière anonyme, il devait argumenter en faveur de sa classe. Les questions allaient des émotions qu’il vivait chaque fois qu’il entrait dans son local à l’ambiance qu’il aimerait retrouver dans sa nouvelle classe, en passant par ce que modifierait un méchant changement à sa vie professionnelle.
«On a reçu toutes sortes de réponses, dont certaines pas mal drôles, a mentionné Mégane C. Boudreault, une des participantes. Un des profs a même écrit que sa classe actuelle lui donnait envie de se jeter par terre et de vomir.»
Les élèves ont ensuite procédé à une sélection tout aussi anonyme en se basant sur les arguments de chaque enseignant. Chaque candidat retenu s’est ensuite vu proposer un projet, qui était conservé tel quel ou modifié après discussion. «Il fallait que ça soit réalisable, mais aussi durable, a indiqué Sandrine Labelle, une autre élève. On ne voulait pas faire quelque chose qui devienne démodé un an plus tard.»
Sentiment du devoir accompliLe 13 avril, de 16h à 22h, et le 14 avril, de 10h à 22h, les élèves se sont ainsi lancés à l’assaut de la récréathèque et des classes de Martin Simard (musique), Guillaume Corbeil-Châtillon (mathématiques) et Linda Henry (anglais). À en juger par la réaction des principaux intéressés lors du dévoilement, le 16 avril, les équipes ont pu entrer en classe avec le sentiment du devoir accompli.
«Ça fait à peu près 18 ans que je suis ici et je pense que c’est la première fois qu’on change la peinture», a commenté M. Simard. «Ai-je le droit de dire que j’ai la plus belle?», a lancé Mme Henry, dont la classe venait de passer du blanc au bleu et orange, agrémentée de pousses de bambou, d’une nouvelle horloge et d’un accessoire évoquant un arbre d’aluminium muni de pinces pour des souhaits.
Retenir aussi les élèves«Ce n’est pas toujours drôle pour le prof de passer toute sa journée en classe. Ça va donc changer son quotidien» - Mégane C. Boudreault
«On voulait mettre de la couleur dans leur vie au lieu qu’ils vivent dans un milieu terne», a signalé Sandrine. «Ce n’est pas toujours drôle pour le prof de passer toute sa journée en classe. Ça va donc changer son quotidien. Et ça va aussi donner plus le goût aux élèves de rester en classe», a ajouté Mégane.
«En plus, on pense à ceux qui vont venir après nous. Dans bien des cas, les élèves ont travaillé dans des classes où ils ne vont même pas, a fait observer Alex St-Louis, un autre participant. Ça nous a aussi appris à travailler en équipe. Ce qui n’est pas toujours évident. Et on a pu apprendre plein d’affaires. Ç’a été vraiment le fun comme fin de semaine.»

