C’est le constat auquel est parvenue Mimi Cummins, une Lasarroise d’adoption qui doit recourir à un fauteuil roulant pour ses déplacements quotidiens (voir autre texte). Lors de son arrivée dans la région il y a une dizaine d’années, elle a effectué des études en multimédia interactif à l’UQAT. Dans le cadre de ses cours, elle a réalisé, en 2007, un court documentaire portant sur l’accessibilité des commerces à Rouyn-Noranda. Si le portrait n’avait alors rien de rose, il n’a guère changé depuis.
Une montagne
«Environ 85 pour cent des commerces du centre-ville n’étaient pas accessibles. Ce qui veut dire que 15 pour cent seulement pouvaient nous accueillir, donc aussi nous offrir de l’emploi», fait-elle observer.
À part les commerces et bureaux situés aux étages, dont le problème est évident, souvent ce sont une ou deux marches qui freinent les personnes à mobilité réduite. «Un escalier, même une simple marche, se transforme en montagne quand on se déplace en fauteuil roulant», illustre Mme Cummins.
Efforts louables, mais inutilisables
Plusieurs commerçants rencontrés avaient pourtant fait des efforts louables, mais aux résultats inutilisables. Mimi Cummins cite le cas d’un établissement fraîchement rénové de La Sarre qui s’est doté d’une rampe pour fauteuils roulants. «Le problème, c’est qu’en plus d’être un peu raide, il faut gravir une petite marche pour l’emprunter, indique-t-elle. Il y a aussi une autre marche en haut de la rampe, juste devant la porte.» Elle a aussi observé des rampes conformes, mais qui n’étaient pas déneigées en hiver.
«Un escalier, même une simple marche, se transforme en montagne quand on se déplace en fauteuil roulant» - Mimi Cummins
Et lorsque certains commerçants font des efforts, ceux-ci ne sont souvent pas connus. C’est le cas du St-Honoré de Rouyn-Noranda.
«Quand je suis entrée avec mon fauteuil roulant, le propriétaire m’a chaleureusement accueillie; j’étais la première personne à mobilité réduite à utiliser sa rampe depuis qu’il l’avait aménagée, six mois plus tôt. Et pourtant, ses efforts sont homologués par Kéroul, un organisme dont la mission consiste à rendre le tourisme et la culture accessibles aux personnes à capacité physique restreinte», raconte Mme Cummins.
Des lois plus contraignantes
C’est pourquoi elle aimerait voir le gouvernement imposer des lois plus contraignantes en la matière. «Les gens ne sont pas de mauvaise volonté, mais ce n’est pas vraiment une priorité pour eux. Et quand un commerçant locataire souhaite modifier son établissement, il peut se heurter au refus du propriétaire qui, lui, n’en retirera aucun bénéfice», mentionne-t-elle.

