Originaire de San Diego aux États-Unis, Mimi Cummins s’est établie à La Sarre il y a une dizaine d’années, après avoir rencontré à Québec un natif de Taschereau qui allait devenir son conjoint. Atteinte de neuropathie périphérique, une maladie qui attaque le système nerveux périphérique, elle doit, depuis environ six ans, recourir à un fauteuil roulant lorsqu’elle se déplace sur de longues distances, en raison de la douleur qu’elle ressent aux membres inférieurs.
Ce changement l’a amenée à constater que la plupart des commerces de la région sont peu ou pas du tout adaptés aux personnes à mobilité réduite (voir autre texte). Un fait troublant qu’elle souhaite maintenant corriger.
Tout un potentiel à mettre en valeur
«Quand je me suis retrouvée avec un fauteuil roulant, j’ai trouvé ça difficile au départ. Mais rapidement, j’ai compris que ce n’était pas un fardeau, mais un outil de liberté qui nous évite justement de nous retrouver prisonniers de la maison», fait valoir Mme Cummins.
D’où l’importance, selon elle, de favoriser l’accessibilité à un maximum d’endroits. «Quand on pense à la mobilité réduite, généralement on a en tête l’image d’une personne handicapée. Pourtant, on peut aussi inclure les personnes âgées, les individus blessés, les parents avec des poussettes ou même encore les livreurs équipés de diables. C’est toute la société qui en bénéficierait», assure-t-elle.
«L’Abitibi-Témiscamingue est reconnue pour son accueil chaleureux envers les étrangers, il est maintenant temps de l’étendre à la population à mobilité réduite» - Mimi Cummins
Mimi Cummins estime également que les commerces, bureaux et autres établissements qui se donneraient la peine d’accroître leur accessibilité en retireraient énormément de bénéfices en regard des investissements relativement mineurs que cela nécessiterait.
«Les personnes à mobilité réduite sont des gens qui, comme tout le monde, ont de l’argent à dépenser ainsi que des capacités, des talents et des compétences à offrir. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, c’est encore plus le cas. De plus, comme elles estiment souvent avoir quelque chose à prouver aux autres, elles consacrent encore plus d’efforts à leurs tâches», signale-t-elle.
Mener une vie riche et pleine
La Lasarroise d’adoption considère par ailleurs que l’accessibilité ne doit pas se confiner qu’aux commerces. Les endroits liés au divertissement, au sport et à la culture doivent l’être tout autant afin de permettre aux personnes à mobilité réduite de vivre une vie aussi riche et pleine que chez les autres.
«Ce n’est pas parce qu’une personne est handicapée qu’elle ne fait pas de sport, lance Mme Cummins. Je suis moi-même inscrite au gym. Je m’y rends chaque semaine. Je fais aussi du vélo à main et du ski adapté. Mais pour ça, il faut avoir un coup de pouce de la société. L’Abitibi-Témiscamingue est reconnue pour son accueil chaleureux envers les étrangers, il est maintenant temps de l’étendre à la population à mobilité réduite.»

