Cette passion s'est manifestée encore plus sérieusement pour plusieurs d'entre nous sur le plan professionnel dans nos choix de carrière. Ainsi, j'ai choisi la récréologie comme profession, alors que quatre de mes frères ont opté pour l'éducation physique.
C'est le deuxième de la famille, Pierre, qui a ouvert le sillon du monde universitaire pour le clan Charlebois, alors qu'il décidait de prendre le chemin de l'Université d'Ottawa en 1962. On a toujours pensé qu'à ce moment-là, il était guidé par son attrait pour les études supérieures, mais il nous a révélé récemment qu'il rêvait tellement de faire carrière comme joueur de football professionnel qu'il a choisi la seule voie qui pouvait lui permettre de le faire dans ce temps-là, soit l'université.
À défaut de réaliser son rêve, il est devenu l'un des premiers fils de l'Abitibi à graduer comme éducateur physique et il a enseigné dans ce domaine pendant une dizaine d'années dans la région de Laval.
Ceux et celles d'entre vous qui avez fréquenté l'École Notre-Dame-de-Grâce et la Polyvalente D'Iberville, vous avez sans doute effectué quelques étirements et pirouettes sous l'œil averti de Sylvain, Hugues et Yves, qui ont consacré respectivement 34, 31 et 11 années de leur vie à l'enseignement de l'éducation physique. D'ailleurs, je rencontre souvent en ville des personnes qui me saluent et me disent qu'ils se rappellent de moi comme «prof d'éduc», alors qu'ils ont plutôt sué sous la surveillance de mes frères. Ça me fait toujours un petit velours!
Que dire maintenant de notre implication comme entraîneurs de basketball, de volleyball et de handball. Sept d'entre nous, incluant notre sœur Francine, avons choisi de consacrer du temps pour transmettre nos connaissances et notre passion aux jeunes.
Yves et Sylvain ont d'ailleurs connu beaucoup de succès avec leurs équipes féminines de basket dans les années 1970 en remportant notamment quatre championnats au niveau provincial scolaire et civil. Sylvain vient d'ailleurs de compléter une 38e année comme entraîneur d'une équipe de basketball. Pour ma part, j'ai conduit une équipe de chez nous jusqu'en finale du championnat provincial junior de volleyball en 1969, alors que Hugues a déjà remporté un championnat provincial scolaire en handball féminin au niveau juvénile.
Chose étonnante dans une ville réputée pour la popularité du hockey, seuls Sylvain et moi avons joué du hockey organisé, mais pas assez pour que ça vaille la peine d'en parler. Cela s'explique sans doute par le fait que l'exemple n'est pas venu du père, ni des plus vieux de la famille. On s'est donc contenté de jouer du hockey-bottines parce que ça coûtait moins cher et que c'était plus accessible!
Chose certaine, le sport a joué un rôle très important dans notre éducation et nous a sans doute permis de resserrer les liens entre nous. Très tôt, on a compris que c'est une merveilleuse école de vie qui peut nous être utile et bénéfique sur plusieurs plans et pour longtemps. Ainsi, vous ne serez sans doute pas surpris d'apprendre que nos enfants et nos petits-enfants ont suivi nos traces et contribuent eux aussi à démontrer ce rapport très particulier de notre famille avec le sport.
