Ce CtAF met à la disposition de la MRC quelque 41 200 mètres cubes de bois résineux dans l’unité d’aménagement 085-51, qui s’étend sur son territoire jusqu’à la frontière ontarienne et se prolonge au-delà du 49e parallèle. Si la signature d’un tel contrat avec une MRC est une première au Québec, il ne s’agit toutefois que d’une étape vers une autre première, selon le préfet Daniel Rancourt.
«C’est le coup de départ vers la création d’une forêt de proximité, a-t-il indiqué. Le gouvernement entend en décréter de 12 à 15 au cours de 2012, et nous voulons être les premiers à en avoir une.»
Le nerf de la guerreLe CtAF donne le droit à son bénéficiaire d’aller chercher le bois qui s’y trouve rattaché. La forêt de proximité, quant à elle, est un concept plus global qui confie à son détenteur la gestion de toutes les ressources d’un territoire donné. Exploitation du bois, travaux sylvicoles, gravières et sablières, protection et exploitation des ressources fauniques, activités récréotouristiques ne sont que quelques-unes des activités qui pourront être développées par la MRC au profit de sa population.
«Ce qui manque souvent dans ces projets, c’est le soutien financier. Car si on gagne le droit de développer, on reçoit aussi la responsabilité d’entretenir. Les mètres cubes de bois qui nous ont été alloués vont justement nous donner cette marge de manœuvre», a fait observer M. Rancourt.
Ramer dans la même direction«Nous devons tous ramer dans la même direction» - Daniel Rancourt
Des travaux d’inventaire ont déjà été amorcés afin de cibler le potentiel de développement de la forêt de proximité d’Abitibi-Ouest. «Si nous voulons être les premiers, il faut parvenir à tout mettre en œuvre pour avant-hier», a illustré Daniel Rancourt.
Mais avant d’y parvenir, il faudra rallier les 21 municipalités d’Abitibi-Ouest à la même cause. En effet, 11 d’entre elles détiennent actuellement une convention d’aménagement qui leur octroie des droits semblables à la forêt de proximité, bien que plus restreints, sur leur territoire. «Des rencontres de concertation vont débuter dans les prochains jours, a fait savoir le préfet. Nous devons tous ramer dans la même direction.»
Comme le territoire couvert par le nouveau CtAF déborde aussi des frontières de l’Abitibi-Ouest vers le nord, la MRC devra aussi discuter avec les municipalités et les Premières Nations concernées pour voir si elles acceptent que la future forêt de proximité s’étende elle aussi sur leur territoire.

