En 2005, alors que les scieries commençaient à tomber comme des mouches, l’entrepreneur a décidé de lancer les Murs Cameron, une entreprise de Palmarolle spécialisée dans la conception de bâtiments en kit. Trois ans plus tard, au cœur de la crise financière, cette fois, il a délaissé l’aspect plus artisanal de sa démarche pour démarrer une usine.
Créer soi-même la demande
«C’était un gros pari, mais il fallait oser, lance M. Cameron. Si tu attends que la demande apparaisse pour un produit, tu vas seulement embarquer dans le train. Si tu oses offrir quelque chose de nouveau, c’est sûr que tu peux te planter, mais tu peux aussi créer toi-même une demande et devenir le chef de file.»
Il cite en exemple des compagnies comme Kleenex, Frigidaire et Kodak, dont les noms sont devenus synonymes des produits, peu importe la marque. «On commence à voir de plus en plus de fabricants de murs apparaître, mais plusieurs disparaissent aussi vite. Moi, j’ai plus de six ans d’avance sur les autres», fait-il valoir.
L’innovation comme clef du succès
Le technicien en génie civil de formation ne veut d’ailleurs pas s’asseoir sur ses lauriers. Son entreprise travaille en ce moment à concevoir de nouvelles technologies qui, selon lui, n’ont aucun équivalent actuel dans le domaine des murs préfabriqués. «L’innovation, c’est vraiment la clef si tu veux rester en affaires», insiste-t-il.
Murs Cameron recourt en effet à la technologie depuis longtemps. L’entreprise utilise un logiciel conçu au Québec qui lui permet d’obtenir en quelques minutes le plan de la maison en trois dimensions. «On peut ainsi déterminer le nombre de pièces de mur requises, leur taille et leur forme, et même planifier le plan de sciage pour minimiser les pertes de bois», mentionne M. Cameron.
Les morceaux de murs sont ensuite numérotés selon un ordre bien précis. Sur place, l’entrepreneur n’a qu’à suivre le plan pour procéder à l’installation de la structure.
Un peu partout
Et ça marche. Aujourd’hui, au plus fort de la saison, la petite usine de Palmarolle emploie une dizaine de personnes et offre un débouché intéressant au bois de la région. «Avant, j’achetais mon bois au détail à la quincaillerie. Maintenant, à cause de la hausse de la demande, je m’approvisionne directement à la scierie», indique Jasmin Cameron.
«Si tu oses offrir quelque chose de nouveau, c’est sûr que tu peux te planter, mais tu peux aussi créer toi-même une demande et devenir le chef de file.» - Jasmin Cameron
Le produit particulier développé par la PME se retrouve maintenant un peu partout dans la région. Il a notamment été employé dans la construction de l’hôtel Quality Inn de Val-d’Or, dans les murs extérieurs du nouveau bâtiment de la FTQ à Rouyn-Noranda, dans la reconstruction de l’atelier de Boulons Abitibi et dans plusieurs projets d’édifices à logements.
Rêver, mais aussi se forcer
S’il y a un message que M. Cameron souhaite voir les jeunes retenir, c’est celui de croire en leurs rêves, mais aussi de faire les efforts nécessaires pour les réaliser. «Quand j’ai décidé de louer des chalets sur le bord du lac Abitibi, plusieurs me disaient que j’allais me planter parce que ça n’intéresserait personne. J’ai pourtant persévéré et consacré les efforts pour que ça marche. En recourant à Internet, j’ai pu créer moi-même ma demande», soutient-il.

