Réunis en assemblée générale spéciale le 6 mars, les quelque 250 travailleurs présents ont adopté dans une proportion de 81 pour cent le contenu de leur prochain contrat de travail.
Outre les augmentations salariales (0,90 $ en 2012, 0,80 $ en 2013 et 0,80 $ pour 2014), celui-ci est assorti de gains au chapitre des retraites (hausse d’un dollar par mois par année de service pour 2012, un dollar pour 2013 et deux dollars pour 2014). La paie de vacances passe quant à elle de 14,5 à 15,5 pour cent pour la 7e semaine. Les primes de soir et de nuit ont elles aussi augmenté, tandis que des gains ont également été réalisés en matière de congés sociaux et sans solde. Enfin, le travail des cadres a été limité afin de permettre aux travailleurs de sécuriser leur emploi.
Négos short and sweetSi les discussions ont duré un peu plus d’un mois sans confrontation à partir du 23 janvier, il aura cependant fallu l’intervention d’une conciliatrice du ministère du Travail, à compter du 22 février, pour que les négociations démarrent vraiment. Les deux parties en sont finalement venues à une entente dans la soirée du 3 mars, laquelle a ensuite été soumise aux travailleurs syndiqués trois jours plus tard.
«Malgré la menace d’un lock-out si ce n’était pas réglé pour le 1er mars, nos membres étaient prêts à dépasser cette date butoir pour qu’on obtienne un contrat de travail satisfaisant. On n’a pas cédé à cette pression, et ça s’est finalement bien déroulé. Les négociations ont été short and sweet, mais ç’a quand même été intense», a déclaré Daniel Guimond, président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda-CSN, pour qui il s’agissait d’une troisième négociation de convention collective.
«Notre savoir-faire, c’est un moyen de pression en soi. Ce qu’on fait est unique» - Daniel Guimond
Il a d’ailleurs salué le travail accompli par la partie patronale.
«Avant, on devait faire des pressions. Maintenant, on fait valoir nos compétences. On est compétents et on a du cœur au ventre. C’est ce que la compagnie souhaite. Notre savoir-faire, c’est un moyen de pression en soi. Ce qu’on fait est unique. La compagnie ne peut pas nous mettre dehors comme ça», a fait valoir M. Guimond.
Maintenant dans le plan d’affairesSeule ombre au tableau, le syndicat n’a pas obtenu les congés de maladie qu’il réclamait pour ses membres. «On a pourtant le droit d’être malades, a illustré Daniel Guimond. On ne lâche d’ailleurs pas le morceau. On va revenir là-dessus dans trois ans, c’est certain.»
Dans l’ensemble, le président du syndicat reconnaît cependant avoir progressé à plusieurs niveaux. «Il y a seulement quelques années, on avait l’impression que la fonderie Horne risquait de fermer n’importe quand. Maintenant, on fait vraiment partie du plan d’affaires de la compagnie. On est là pour rester longtemps», a-t-il conclu.

