Pour le RÉPAT et son agent socio-politique Philippe Marquis, qui est aussi conseiller municipal à la Ville de Rouyn-Noranda, il s’agit d’un autre budget pour les riches. «Rien n’a changé depuis l’an dernier : les mêmes mesures qui mettent le poids des finances publiques sur le dos de la classe moyenne et des moins fortunés reviennent. Toutes ces mesures ne feront qu’accroître les inégalités au sein de notre société», soutient le RÉPAT dans un communiqué.
Selon l’organisme et M. Marquis, lorsque le ministre Bachand dit écouter la majorité silencieuse et non les manifestants, il dit faux. «Il prête plutôt l’oreille aux économistes de droite pour qui la solidarité sociale et le partage des richesses font baisser les profits. Ainsi, le gouvernement est sourd à toute une population qui peine à joindre les deux bouts», affirment-ils.
Le RÉPAT rappelle avoir présenté, avec le Réseau Vigilance, quatre demandes aux députés de la région membres du gouvernement : l’abolition de la contribution santé, le gel des frais de scolarité, l’ajout d’un palier d’imposition et la hausse des redevances sur les ressources naturelles. «À part de timides augmentations des redevances sur le gaz et le pétrole, rien ne va dans le sens de nos demandes, mentionne Philippe Marquis. Même le financement du logement social a été amputé. C’est à se demander si nos députés nous représentent vraiment.»
Les étudiants offusqués
Chez les étudiants, on ne digère pas la hausse des frais de scolarité annoncée dans le budget Bachand, une hausse de 325 $ par année pendant cinq ans. «Nous sommes vraiment offusqués, on ne s’attendait pas à ce que ce soit d’une si grosse ampleur. C’est une atteinte directe à l’accessibilité aux études supérieures, a lancé Jean-François Vachon, vice-président de l’Association générale étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (AGEUQAT).
«Monsieur Charest se fout des étudiants, le premier ministre n’est pas à notre écoute, a-t-il renchéri. Ces hausses vont faire qu’au total, une année scolaire à l’université va coûter 2000 $ de plus en moyenne par étudiant. Comment la femme monoparentale de 33 ans va faire pour continuer ses études? Comment de nombreux étudiants vont faire pour arriver? Se priver de manger? Travailler au noir? Fourrer le système? Bonne chance!»
À ceux qui estiment que les étudiants se plaignent le ventre plein, Jean-François Vachon a une réponse toute prête : «Quatre étudiants sur cinq doivent travailler, ce qui affecte les résultats scolaires, et ce sont souvent des étudiants qui servent les gens dans les restaurants et les magasins.»

