Quelques jours auparavant, le président de la Troupe À Cœur ouvert, Donald Renault, parlait avec émotion de ce spectacle à grand déploiement qui, grâce à l’implication de centaines de bénévoles, a su raconter avec brio à un public de partout au Québec l’histoire de la colonisation de l’Abitibi-Témiscamingue.
«Ça a été un beau projet qui a su durer pas mal plus longtemps que prévu, a-t-il raconté. On nous trouvait pas mal téméraire au départ. Plusieurs pensaient même qu’on allait se planter. Mais là, on est rendu à sept ans de représentations, dont quatre en supplémentaire. Là, on s’attendait à terminer à guichets fermés.»
7 ans d’existence, 11 ans de travail
Même si la première a eu lieu à l’été 2005, M. Renault date la naissance du Paradis du Nord à l’an 2000.
«On voulait faire un projet pour diversifier l’économie de notre coin de pays. Ça a demandé énormément d’énergie à l’époque. Pendant près de cinq ans, nous avons monté le projet, rencontré une multitude de gens pour obtenir des appuis financiers et aller chercher des bénévoles, et tout ça à travers les productions régulières de la troupe», a-t-il lancé avec fierté.
Partir au sommet
Après plus de 125 représentations et au-delà de 80 000 spectateurs, le succès du Paradis du Nord n’est plus à démontrer. La Troupe À Cœur ouvert a pourtant décidé d’y mettre un terme.
«On arrête maintenant, alors qu’on est encore sur un high, pour éviter de brûler nos bénévoles et d’attendre que la popularité du spectacle s’essouffle, a expliqué Daniel Renault. Reste que c’est une décision émotive, qui n’a pas été facile à prendre: nous sommes devenus une grande famille avec une multitude de bénévoles qui se sont investis à fond durant toutes ces années.»
Déjà de nouveaux projets
L’été prochain, Le Paradis du Nord fera ainsi place à Mamma Mia, une comédie musicale britannique inspirée des grands succès du mythique groupe suédois ABBA. «On ne laissera pas pour autant tomber l’aspect historique, a mentionné M. Renault. Au fil des années, on a acquis beaucoup d’expérience et de matériel, notamment le train. Ça ne prendra pas la poussière. Nous avons quelques idées en réserve, mais ça va prendre un peu de temps. Le Paradis du Nord ne s’est pas fait en un an.»
«Nous avons réussi à aller chercher beaucoup de gens qui n’étaient jamais allés au théâtre. Et d’être arrivés à faire traverser le Parc à autant de touristes, c’était tout un défi ça aussi» - Donald Renault
Abattre la barrière du Parc
Sa plus grande fierté après toutes ces années demeure cependant d’être parvenu à intéresser des néophytes au théâtre et à attirer des spectateurs de l’extérieur de la région. Lors de la 6e saison, l’an dernier, 41 pour cent de la clientèle provenait d’une autre région. De ce nombre, 72 pour cent des touristes avaient affirmé être venus en Abitibi-Témiscamingue expressément pour voir Le Paradis du Nord.
«Nous avons réussi à aller chercher beaucoup de gens qui n’étaient jamais allés au théâtre, a-t-il indiqué. Et d’être arrivés à faire traverser le Parc (La Vérendrye) à autant de touristes, c’était tout un défi ça aussi.»

