«C’est la suite logique de l’exposition Gratter le vernis humain, que j’ai présentée à l’automne dernier et dans laquelle je dévoilais un aspect plus léger de ma personnalité. Cette fois, je me suis imposé d’être ludique. Mais ce n’est pas toujours facile. Mon engagement transpire encore dans plusieurs éléments de PLAY. Je n’échappe pas à moi-même», a précisé Mme Doucet.
Comme un fragile écosystèmeCases est bien le terme qui convient, car ce qu’elle présentera à L’Écart lieu d’art actuel, du 27 janvier au 26 février, prend la forme d’un gigantesque jeu de Serpents et échelles composé de 100 œuvres carrées, regroupées par thématiques.
«Pour ce projet, je me suis inspirée de ma toile La Vie en serpents et échelles (2008), qui dépeignait les hauts et les bas de la vie. Mon engagement a fini par peser lourd sur mes épaules. J’ai maintenant besoin de plus de légèreté dans ma vie. J’ai donc décidé d’explorer les paradoxes de la vie à travers ce jeu», a expliqué Véronique Doucet.
Éléments inhabituelsParfois sombres, souvent colorés, les éléments qui composent cette immense installation détonnent d’ailleurs fréquemment par rapport à ses œuvres habituelles. «Certaines cases sont en effet beaucoup plus épurées que d’ordinaire. Je me permets des trucs que je n’aurais pas faits autrement», a mentionné l’artiste.
La Rouynorandienne s’est aussi lancé le défi de concevoir son œuvre comme si elle travaillait en résidence. Lors de notre entretien, le 11 janvier, elle avait ainsi terminé 74 éléments de son jeu. «Au lieu de passer 10 heures sur une toile de 3 pieds par 3 pieds, ce sont souvent des premiers jets. C’est plus spontané. Paradoxalement, ça me permet de plus me concentrer et de cibler l’essentiel», a-t-elle fait valoir.
Un jeu plus grand que natureUne fois complétée, l’installation PLAY comprendra 100 cases mesurant 1 pied par 1 pied liées entre elles par des échelles peintes par Annie Boulanger et des serpents, symbolique d’un écosystème où, tout comme pour l’esprit humain, la cohabitation entre des éléments disparates n’est pas toujours facile.
«C’est plus spontané. Paradoxalement, ça me permet de plus me concentrer et de cibler l’essentiel» - Véronique Doucet
«Les œuvres sont aussi regroupées par thèmes, qui vont de la naissance à la mort, en passant par le jeu, la spiritualité, l’hyper-esthétisation, l’environnement et les mines, pour ne nommer que ceux-là», a énuméré Mme Doucet.
Afin d’insister encore plus sur l’aspect ludique du projet, un énorme dé mesurant 4 pieds de côté trônera aussi au centre de la pièce. Il sera d’ailleurs utilisé par Véronique Doucet et Andréane Boulanger lors d’une performance qui sera présentée le 27 janvier à 19h lors du vernissage.

