Sous la supervision de Rock Lamothe, professeur d’arts plastiques à l’UQAT depuis 1981, sept artistes de Val-d’Or, Rouyn-Noranda, Montréal et Québec prendront d’assaut le lieu d’art actuel de la Capitale du Cuivre pour y présenter Méchante peinture, une exposition qui risque de ne laisser personne indifférent.
«C’est en tout cas l’effet qu’on souhaite, mentionne le commissaire de l’exposition. Mais pas dans le mauvais sens du terme. Il faut voir l’expression “méchante” dans un sens positif, comme dans “méchant party”. C’est l’art dans ce qu’il a d’étonnant, de surprenant, voire même d’étrange.»
Une peinture qui raconteLe thème de cette exposition qui, outre M. Lamothe, réunira Andréanne Boulanger (Val-d’Or), Geneviève Crépeau et Matthieu Dumont (Rouyn-Noranda), Marie-Ève Dubé (Val-d’Or), Julie Mercier (Rouyn-Noranda), Christian Messier (Québec) et Gabriel Morest (Montréal), fait directement référence au mouvement Bad Painting, né aux États-Unis à la fin des années 1970.
«C’était une réaction à plusieurs courants de l’art contemporain qui, dans les années 1960 et 1970, reposaient sur une économie de moyens, présentant un art minimal et conceptuel, de l’abstraction géométrique, le tout souvent rigoureux et intellectuel. Le Bad Painting a réagi à ce mouvement en proposant un art figuratif, coloré et narratif. C’est une peinture qui raconte beaucoup», explique Rock Lamothe.
Une peinture qui réfléchitSi elle raconte, cette peinture peut aussi volontairement être détournée par les artistes. C’est le cas, par exemple, de Geneviève et Matthieu. «Ils utilisent leur connaissance des codes de la peinture pour interpeller le public avec leurs œuvres. Est-ce une peinture ou une sculpture? Est-ce qu’elle raconte ou elle dénonce?», fait observer le commissaire de l’exposition.
«Il faut voir l’expression “méchante” dans un sens positif, comme dans “méchant party”» - Rock Lamothe
Plusieurs artistes interrogent aussi le rapport de l’individu à la société des médias, tout en exposant son côté parfois loufoque. Julie Mercier, notamment, subvertit des personnages connus pour leur donner un tout autre rôle, comme l’illustre bien sa Marilyn Monroe Samouraï.
«Pour sa part, Andréanne Boulanger crée des situations étranges avec des personnages ordinaires. Elle interroge notre rapport aux médias, qui superposent souvent des images sans mise en contexte», lance M. Lamothe.
Table rondeLe vernissage de l’exposition aura lieu le 4 mai à 19h. Le 6 mai à 14h, le public sera convié à une table ronde avec les artistes et le commissaire. «Ça va donner la parole aux artistes, qui pourront expliquer pourquoi, à l’heure du multimédia, ils persistent à faire de la peinture», précise Rock Lamothe.

