«La neige m’attire pour son aspect éphémère. Et c’est une ressource dont on ne manque vraiment pas en Abitibi, a-t-il lancé en riant. Depuis mes premières sculptures à la Fête d’hiver de Rouyn-Noranda, en 1989, j’ai participé et remporté des prix à plusieurs compétitions un peu partout dans le monde, dont à Québec, en Italie, en Suisse et au Japon. J’ai développé avec la neige une expertise et une technique qui n’ont jamais été imitées depuis.»
Le sculpteur de Gallichan avoue d’ailleurs ne jamais se présenter à une compétition dans l’optique de gagner. Ses œuvres taillées dans la neige, parfois aux limites de l’impossible, en témoignent. «Mon objectif, c’est d’aller toujours plus loin, d’essayer de voir jusqu’où je peux repousser mes propres limites. Chaque fois, je ne veux pas créer la sculpture gagnante, mais plutôt la meilleure que je sois capable de faire», précise-t-il.
D’une génération à l’autre
Cette passion, lui et sa conjointe, Liliane Gagnon, consacrent aussi beaucoup d’efforts à la transmettre aux jeunes. Chaque hiver, le couple visite nombre d’écoles partout au Québec et même ailleurs au Canada pour offrir des ateliers de sculpture sur neige. Et ceux-ci sont toujours très populaires.
«Une année à la fête d’hiver de Sherbrooke, on s’est ainsi ramassé avec 125 sculptures. Mais le plus intéressant, c’est quand on se ramasse avec des gens d’autres ethnies. C’est toujours drôle de les voir réagir quand on leur montre tout ce qu’on peut faire avec la neige», relate Mme Gagnon.
Projets futurs
Au-delà de la neige, plusieurs projets attendent Jacques Baril au cours des prochains mois. Il espère en particulier obtenir les autorisations pour deux importantes installations, dont une à l’un des carrefours giratoires de Malartic. «On se croise les doigts et on continue d’avancer. Si les deux aboutissent, ça va être la meilleure année de notre vie. S’il n’y en a qu’un, ce sera la deuxième meilleure. Et s’il n’y en a aucun, ce sera la pire», indique-t-il en riant.
«Mon objectif, c’est d’aller toujours plus loin, d’essayer de voir jusqu’où je peux repousser mes propres limites» - Jacques Baril
Autrement, il poursuit sa réflexion sur la matière. Une citerne de camion mangée par la rouille dont il a récemment fait l’acquisition et un énorme tuyau posé au milieu du terrain l’inspirent pour des sculptures qui s’annoncent audacieuses.
Pour sa part, Liliane Gagnon se fait avare de commentaires, tout en glissant avec un sourire qu’elle a encore des idées à exploiter. «Tant que la santé va le permettre, je vais continuer, assure-t-elle. Je cultive aussi mon jardin. J’entretiens une passion pour les courges et les citrouilles. Et nous devrions être grands-parents d’un jour à l’autre.»
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