Rouyn-Noranda jouit en effet d’une riche histoire en matière de rock’n’roll (voir autre texte). «Dans les années 1950 et 1960, il y avait deux pôles pour le rock’n’roll au Québec: Montréal et Rouyn-Noranda», mentionne Patrice Caron, directeur général et conservateur du Musée du rock’n’roll du Québec.
Le premier rock francophone au monde
Du 9 juin au 9 juillet, ce passionné de musique présentera, au Centre Pierre-Péladeau de Montréal, la toute première exposition de son musée, qui portera justement sur la naissance du rock’n’roll au Québec, soit de 1956 à 1964.
«On pense souvent que le rock’n’roll québécois, ce n’était que des reprises francisées de succès américains. Pourtant, le Québec est le premier endroit au monde où l’on a chanté des compositions rock’n’roll originales en français. En fait, la proportion était d’environ 15 pour cent de reprises pour 85 pour cent de matériel original. Mais comme les reprises étaient plus faciles à vendre, les producteurs poussaient beaucoup dans cette direction», explique M. Caron.
Pépinière d’artistes depuis toujours
Lorsque l’exposition sera terminée, elle s’embarquera sur les routes du Québec. Et Rouyn-Noranda sera le premier arrêt, en septembre. De l’avis de Patrice Caron, c’est un choix logique et incontournable. Tellement, en fait, qu’il veut y implanter une annexe de son musée, une fois qu’il aura trouvé un endroit où l’établir à Montréal.
«J’irais à Rouyn-Noranda bien avant d’autres villes comme Québec ou Gatineau parce qu’elle a toujours été un pôle majeur de la culture au Québec. C’est vraiment LA scène pour qu’on y implante quelque chose du genre. Plusieurs artistes rock’n’roll très connus à l’époque sont nés ou ont connu leurs premiers succès à Rouyn-Noranda. Beaucoup de perles sont ainsi passées dans les mailles du filet de l’histoire. Si on peut les aider à resurgir de l’ombre, tant mieux», relate-t-il.
Expositions originales
D’ailleurs, en raison de cette riche histoire, M. Caron assure que l’annexe de son musée à Rouyn-Noranda présenterait des expositions originales, différentes du musée-mère à Montréal. «On a tellement de stock qu’on ne peut tout exposer à Montréal. On veut donc obliger les gens à voyager. Rouyn-Noranda va avoir des artefacts liés à sa propre histoire musicale qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs», insiste-t-il.
«On est vraiment en train de fonder une véritable institution, lance Patrice Caron. J’entends encore m’y consacrer dans 25 ans.»
Le Musée du rock’n’roll possède son site internet.

