Ce sont l'Association canadienne de santé publique (ACSP, qui compte quelques 68 000 membres), la Société nationale des spécialistes pour la médecine communautaire (SNSMC), l'Association médicale québécoise (qui regroupe plus de 9500 omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants en médecine). La Société canadienne du cancer s'est aussi opposée au soutien du gouvernement à la relance de la mine.
Ici au Québec l’amiante chrysolite est soumis à des restrictions sévères compte tenu de son impact majeur sur la santé humaine. Mais là où il est exporté, c’est une autre « paire de manches ». 95% des exportations québécoises d’amiante chrysolite sont destinées à l’inde et l’Indonésie, deux pays en développement. Dans ces deux pays, il est presqu’impossible de faire appliquer les règles de santé et sécurité qui sont appliquées chez nous.
C’est ce qui a fait dire au Dr. Anne Doig, présidente de l'AMC : «Il est inconcevable que l'on restreigne l'utilisation de l'amiante dans notre propre pays mais que l'on continue d'exporter ce produit dangereux … ». il y a effectivement une certaine hypocrisie à faire l'autruche sur l'utilisation de ce produit dans des pays pauvres. En effet, les règles de santé publique que nous prenons pour acquis ici autour de l'utilisation de produits comme l'amiante sont souvent inexistantes ou encore ces pays n'ont pas les moyens de les mettre en œuvre.
Si la mine ne rouvre pas, il faudra quand même créer des emplois. La région Chaudière Appalaches nous donne une idée de la direction à suivre. Selon Yvan Comeau de l’Université Laval, les 527 entreprises d’économie sociale de la région ont crée, en 2007-2008, pas moins de 10 076 emplois avec une masse salariale de près de 1,1 M $. C’est ce qu’on peut appeler un bon départ! Et, de surcroît, dans un domaine de l’économie qui répond à des besoins pressant.

