Le massacre du 6 décembre 1989 des 14 jeunes femmes à l’École Polytechnique à Montréal était resté dans la mémoire collective.
Une nation entière réclamait des contrôles plus sévères sur les armes à feu, surtout sur les armes d’épaule du genre que Marc Lépine avait utilisées dans la tuerie.
En 1995, le Parlement a voté sur le projet de loi C-68 du gouvernement libéral pour établir un registre des armes à feu.
Cette loi du gouvernement Chrétien défendrait les fusils dans les écoles. De plus, tout propriétaire d’armes à feu serait obligé d’enregistrer ses armes.
Le projet de loi était très populaire dans les villes, surtout à Montréal, Toronto et Vancouver où il y avait eu de graves tueries. Même à Calgary le projet était populaire.
Et en tant que jeune député de Calgary, Stephen Harper appuyait aussi le registre. C’est pourquoi au premier vote sur le Bill C-68 à la Chambre des communes, Harper a voté en faveur du registre. C’était selon les vœux de ses commettants, a-t-il expliqué, et citant un sondage défendant le registre.
Mais au deuxième vote, Harper a changé d'opinion et a voté contre. Il avait parlé à d’autres membres de son parti qui lui avaient fait valoir que bien que ses électeurs urbains de Calgary favorisent le registre, la base du « Reform Party » était rurale et très, très majoritairement opposée.
Harper, qui rêvait de devenir chef du « Reform » un jour, s’est rangé avec son parti citant un autre sondage pour expliquer une volte-face.
Quelle ironie! Aujourd’hui les députés conservateurs de Harper se moquent des cinq députés néo-démocrates qui plus tôt cette année ont voté en faveur de l’abolition du registre, et qui maintenant se proposent de voter contre.
Comme Harper, c’est après des discussions avec d’autres membres de leur parti qu’ils sont venus à cette conclusion.
Que le politicien qui n’a jamais changé d’idée lance la première pierre!

