«Il», c’est bien sûr Marc Paquin, le mouton noir du conseil municipal de Rouyn-Noranda. Comme on commence à connaître le personnage, on s’est demandé jusqu’à la dernière minute s’il allait ou non accepter de prêter serment.
Chez les journalistes, l’idée de prendre des paris nous a même effleuré l’esprit… «On ne peut quand même pas être contre la vertu. Et je ne voulais pas monter ça davantage en épingle non plus», a mentionné le représentant du District Nord (quartiers D’Alembert, Cléricy, Mont-Brun et Destor).
M. Paquin avait décidé de ne pas suivre la formation sur l’éthique et la déontologie des élus, estimant que le gouvernement qui a adopté cette loi, le gouvernement provincial des libéraux de Jean Charest, serait plutôt mal placé pour donner des leçons en matière d’éthique.
«On n’était pas obligés de suivre la formation. Et venant du gouvernement Charest, c’est assez ordinaire. On demande aux élus municipaux de donner l’exemple, on nous impose une loi, alors que les libéraux sont loin d’être un bon exemple», a raconté Marc Paquin en faisant entre autres allusion aux histoires de David Whissel et des CPE.
De son côté, le député libéral de Rouyn-Noranda-Témiscamingue à Québec, Daniel Bernard, n’a pas tellement apprécié les commentaires de M. Paquin. «Ce n’est pas correct ce qu’il dit, a soutenu M. Bernard. J’ai moi-même participé à l’élaboration du projet de loi et tous les ministres n’avaient pas le choix de faire une déclaration d’intérêt», a-t-il affirmé.
Des collègues à dos
On ne sait pas ce qu’il nous réserve pour 2012, mais Marc Paquin aura retenu l’attention en 2011 en écorchant ouvertement le maire Provencher à quelques occasions concernant certaines dépenses et certains projets, dont le projet de développement commercial Senator. M. Paquin a aussi été le seul conseiller sur 14 à voter contre le budget 2012 de la Ville.
S’étant mis à dos une bonne partie de ses collègues du conseil municipal au cours de la dernière année, il n’a pas dû être tellement bien accueilli lors des plus récentes réunions privées. «Ç’a été bien calme. C’est sûr que des choses ont dû se dire dans mon dos, mais en face, rien, a relaté Marc Paquin. Si les autres conseillers étaient froids envers moi? Pas plus que d’habitude, certains m’ont même fait la jasette. Cela dit, je préfère ne pas parler de ce qui se passe en caucus, même si le maire, lui, met ça dans un communiqué de presse…», a-t-il lâché.
En disant cela, il faisait référence au communiqué que la Ville avait émis pour déplorer le comportement du conseiller Paquin et signaler qu’il était absent lors des réunions servant à préparer le budget municipal, qu’il venait de varloper publiquement. Le maire, lui, souhaitait visiblement passer à autre chose. «Il est majeur et vacciné, il fait comme il veut, a réagi Mario Provencher. Nous sommes 14 sur 15 au conseil (en incluant le maire) à ramer dans la même direction.»
L’histoire ne dit pas si MM. Paquin et Provencher vont se souhaiter une bonne et heureuse année à leur première rencontre en 2012…

