Deux cents cyclistes ont roulé sur cette Route Verte en direction du lac Lois pour prendre part aux célébrations entourant l'ouverture officielle des 56 km de la piste en poussière de pierre, entre D'Alembert et Taschereau.
«C'était contre toute attente parce qu'on espérait entre 100 et 150 personnes. Bien sûr, la température a aidé», a souligné Rodrigue Achille Ahoyo, représentant de la Ville de Rouyn-Noranda au sein du comité du Parc Linéaire.
Un travail de longue haleine
Le projet, au coût total de 3,5M $, est parti d'une intention politique en 1985 à créer des activités récréotouristiques avec les tronçons ferroviaires hors d'état depuis plusieurs années.
Au fil des ans, la responsabilité a été partagée entre la Corporation du Parc linéaire, la MRC d'Abitibi-Ouest, la Ville de Rouyn-Noranda et de la Corporation de développement de Taschereau.
Le CN ayant démantelé le chemin de fer en 1993, les travaux ont commencé par la reconstruction et la rénovation des différents ponts et passerelles. Plusieurs embûches ont ralenti le projet qui devait voir le jour après une dizaine d'années.
Des visiteurs à l'improviste
Les sources de découragement ont été nombreuses aux dires de Patrice Vachon, agent de liaison à la MRC Abitibi-Ouest et impliqué depuis les tout débuts dans le projet.
«Les castors nous ont causé des casse-têtes avec leurs barrages. Lorsqu'on revenait au printemps, des parties complètes de ce qu'on avait construit l'été précédent étaient au fond de la rivière», raconte-t-il.
Par conséquent, la largeur de la piste a été coupée à certains endroits. C'est sans compter les difficultés financières, alors que les dépenses étaient nettement plus élevées que les revenus.
«On ne fait pas ça pour la retombée économique. Le concept de la Route Verte est là pour offrir une structure aux citoyens, aux touristes et aux entreprises pour le recrutement. C'est un plus à offrir, ça montre que ça bouge.»
Tout n'est pas encore réglé
La Cyclo-voie du Partage des eaux n'est pas qu'intéressante pour les cyclistes. Quelques amateurs de VTT y ont trouvé et y trouvent toujours leur plaisir au détriment de la piste, surtout dans le secteur de Cléricy.
«Quand tu passes ton temps à reconstruire, tu perds du temps pour la construction», a mentionné M. Vachon. Maintenant, une collaboration sera nécessaire pour la conservation de la piste.
«On fait un travail de répression avec la SQ et on envisage d'avoir des évènements en début et en fin de saison pour redonner leur place aux cyclistes», a ajouté M. Ahoyo.
Pas tout à fait terminé
Le projet initial faisait part de 69 km. Les kilomètres manquants se retrouvent entre D'Alembert et le centre-ville de Rouyn-Noranda, mais l'idée de construire un pont sur le lac Dufault aurait été estimée à 1,5M $ en 2008.
«Nous sommes en train de trouver des alternatives pour que ce soit complété dans les prochaines années, mais nous ne savons pas encore quoi», a expliqué Ahoyo, représentant de Rouyn-Noranda dans le dossier.
De plus, des travaux d'aménagement seront faits dans les prochaines années pour offrir aux cyclistes des haltes de repos et améliorer la signalisation.

