Les événements qui sont reprochés à Iamgold se sont produits dans la nuit du 9 au 10 août. La victime, Alain Trudel, et son chef d’équipe s’affairaient alors à décharger d’un camion à mât télescopique (communément appelé boom truck) deux imposantes structures d’acier de 20 pieds de diamètres destinées à la construction d’un plancher dans la monterie de ventilation de la mine.
«Pour commencer, aucune discussion n’a eu lieu entre les superviseurs présents sur place quant à la méthode sécuritaire à employer pour le déchargement, a indiqué l’inspecteur Sylvain Ferrante, lors du dévoilement du rapport de la CSST, le 23 avril. Le travailleur et son chef d’équipe ont donc convenu ensemble d’incliner la plateforme basculante pour faire glisser les structures au sol.»
Or, celles-ci n’avaient pas bougé. M. Trudel s’était donc rendu à l’arrière du camion, soit entre la plateforme et la paroi de la galerie. Le chef d’équipe lui a alors demandé de poursuivre la levée de la plateforme. «À ce moment, la structure d’acier a glissé de la plateforme et frappé le travailleur à la tête. L’entendant crier, le chef d’équipe, qui s’était porté à son secours, a été légèrement frappé aux jambes», a relaté M. Ferrante.
Lacunes
Dans son rapport, la CSST a retenu plusieurs causes pour expliquer l’accident. «La principale demeure par contre des lacunes dans la planification et la supervision des travaux de déchargement des structures d’acier, a précisé Sylvain Ferrante. Le travailleur a en fait été laissé à lui-même quant aux méthodes à employer.»
Parmi les autres raisons, on retrouve la géométrie en demi-lune des structures d’acier, ce qui a eu pour effet de les faire pivoter au lieu de glisser vers l’arrière du camion au fur et à mesure que la plateforme s’inclinait. «De plus, le travailleur ne disposait que d’un espace de 0,7 mètre, ce qui était insuffisant pour éviter la structure qui venait vers lui», a mentionné M. Ferrante.
Amende et exigences
Conséquemment, Iamgold s’est vue remettre un constat d’infraction. Comme il s’agit d’une première offense de ce genre pour la société, l’amende pourrait varier de 15 000 $ à 60 000 $. «Comme le délai de contestation n’est pas écoulé, l’employeur n’a pas encore été reconnu coupable. Il n’est donc pas tenu, pour le moment, de payer l’amende», a précisé Annick Lavoie, directrice régionale en santé et sécurité à la CSST.
La CSST a aussi exigé d’Iamgold qu’elle élabore une procédure de travail sécuritaire quant au déplacement de structures d’acier et à l’utilisation du camion à mât télescopique. Il a également été exigé que l’employeur forme tous les travailleurs susceptibles d’utiliser ce type de véhicule.

