C’est qu’un groupe de citoyens de l’avenue Lajoie, dans le quartier Montée-du-Sourire, s’est rendu au conseil municipal du 27 février pour exprimer son opposition au règlement de changement de zonage visant à permettre la construction de blocs à logements sur la future rue Nault, une artère que la Ville est en train d’aménager sur les terrains vagues situés derrière l’avenue Lajoie.
Pourquoi s’opposer à un tel projet alors qu’on manque cruellement de logements à Rouyn-Noranda? «Dans le projet de la future voie de contournement, nous sommes supposés avoir une zone verte de 100 mètres pour atténuer le bruit, mais si des blocs à appartements et des stationnements sont bâtis derrière notre rue, nous n’aurons plus la zone de 100 mètres, a invoqué l’un des membres du groupe de l’avenue Lajoie, Claude Deschênes.
«La Ville considère que le cimetière va atténuer le bruit, a-t-il continué, mais selon nous, ça ne l’atténuera en rien. Même que certains jours, selon la direction du vent, on entend de chez-nous les voitures passer sur la route 117 et la voie de contournement n’est même pas encore construite. Pour une Ville qui vise 60 000 ou 70 000 habitants (d’ici 20 ans), on trouve que c’est de l’improvisation. S’il le faut, oui, on va aller jusqu’au référendum», a affirmé M. Deschênes.
Pris par surprise
De son côté, le maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher, s’est dit surpris et attristé par cette opposition. «Tout le monde m’accroche sur le fait qu’on manque de logements à Rouyn-Noranda; c’est donc dommage que des gens s’opposent à un projet de logements. Mais je crois que cette réaction est surtout due à un manque d’information, a-t-il mentionné.
«Nous allons d’ailleurs offrir une séance d’information (prévue la semaine prochaine) pour bien expliquer la situation aux gens et pour trouver une solution, a indiqué M. Provencher. Selon nous, le projet respecte le 100 mètres de zone verte, mais il y a d’autres moyens d’atténuation du bruit, comme par exemple des conifères.»
Le conseiller du quartier Montée-du-Sourire, Philippe Marquis, avouait quant à lui avoir été pris de court par la sortie de ses concitoyens. Il ignorait totalement que des gens de son quartier étaient opposés au projet, puisque personne ne lui en avait touché mot. «Je reste un peu surpris. On va regarder ce qu’on peut faire pour la bande verte», disait-il lundi dernier, visiblement secoué.
Inquiétant?
Contrairement au référendum de 2009 sur les rénovations du Centre Dave-Keon, lequel concernait toute la population de Rouyn-Noranda, celui de la Montée-du-Sourire concernerait seulement les citoyens des zones contiguës au secteur visé par le règlement, a expliqué le greffier de la Ville, Daniel Samson.
Selon la loi, quelques étapes doivent être franchies pour se rendre à la tenue d’un référendum, dont une assemblée publique de consultation, un avis publié dans les journaux et un nombre requis de signatures.
Le spectre d’un référendum inquiète-t-il le maire Provencher? «Nous avons besoin de logements, et là, 40 nouvelles unités sont en péril. Il y a possibilité de bâtir cinq blocs de huit logements sur ces terrains», a-t-il signalé.

