Les religieuses auraient pu faire une belle passe d’argent puisque certains promoteurs étaient intéressés à acheter la bâtisse, dont la valeur serait de 8 à 10 millions $, mais elles ont plutôt opté pour un don, à condition que la vocation de l’endroit se poursuive.
«Nous avons pensé vendre la maison-mère, mais comme cela aurait pu être une menace pour la continuité des œuvres, nous avons décidé à l’unanimité de conclure un partenariat avec le milieu. Nous nous réjouissons de l’entente intervenue avec la Ville et l’Office municipal d’habitation», a mentionné Sœur Gloria Paradis, supérieure générale de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame auxiliatrice, organisme établi à Rouyn-Noranda depuis 74 ans.
«Pour la Ville et la collectivité, c’est un très beau cadeau, un vrai cadeau du ciel. En fait, c’est le plus beau cadeau qu’on pouvait recevoir, a repris le maire Mario Provencher. Ça va nous aider pour des projets à vocation sociale. Au nom de la population, on remercie les sœurs pour leur générosité et leur implication communautaire», a-t-il déclaré.
Mgr Moreau: «Touchant»
L’évêque du diocèse de Rouyn-Noranda, Monseigneur Dorylas Moreau, a tenu à louanger le geste des sœurs. «C’est touchant, elles se départissent de leur seule maison, a-t-il souligné. C’est un immense cadeau qu’elles font. Il s’agit d’un beau et grand geste envers la population. En plus de leur soutien spirituel par la prière, leur apport à la communauté de Rouyn-Noranda est exceptionnel auprès des gens appauvris, abandonnés ou en perte d’autonomie», a indiqué Mgr Moreau.
Pour les sœurs, se départir de leur immeuble se veut quand même une décision difficile. «C’est un tournant dans notre histoire; on se sent comme des grands-parents qui laissent leur maison, a imagé Sœur Thérèse Charbonneau, trésorière générale de la Congrégation. Nous sommes heureuses de l’entente, car on a cette sécurité de rester chez-nous, de continuer notre mission et de demeurer au service de la population», a-t-elle ajouté.
Des conditions
À la suite de négociations entre la Ville, l’Office municipal d’habitation (OMH) et la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame auxiliatrice, ce don s’effectue bien sûr sous certaines conditions. Ainsi, les religieuses pourront continuer à utiliser, sans entraves, les parties de l’immeuble qui leur sont nécessaires au maintien de la vie communautaire de la Congrégation, et ce, pendant toute la période de temps requise.
Les Sœurs de Notre-Dame, au nombre de 67 dans la bâtisse, pourront donc demeurer dans la partie avant de la maison-mère et continuer leur mission par l’hébergement de personnes en perte d’autonomie, tout en se libérant de la gestion de l’immeuble, chose qui devenait de plus en plus difficile pour elles en raison du manque de relève et de l’avancement en âge des effectifs actuels de la Congrégation. Précisons que les sœurs ne vivront pas au crochet de la Ville puisqu’elles vont assumer les frais de chauffage, d’électricité, de nourriture et de divers services évalués au pied carré.
«Selon une étude de faisabilité, le bâtiment peut être rentable, a signifié le maire Provencher. Il va constituer une pierre angulaire du développement de Rouyn-Noranda au niveau social. Il coûterait environ 100 000 $ par année à opérer, mais en réajustant certains coûts de location, ces frais pourraient diminuer», a-t-il raconté.
Nouvel organisme
Dans cette entente, la Ville s’est engagée, pour les prochaines décennies, à utiliser l’immeuble à des fins d’hébergement pour personnes en perte d’autonomie et possiblement à des fins de service d’hébergement de dépannage pour les services de santé, ou encore à des fins d’activités d’enseignement, de formation ou d’administration municipale.
La gestion de la bâtisse sera confiée à un nouvel organisme qui sera créé en collaboration avec l’Office municipal d’habitation (OMH), lequel utilise déjà une partie de l’immeuble depuis 1995 pour héberger des gens en perte d’autonomie. «Cette entente, c’est la récompense pour le travail des 17 dernières années, a affirmé Bernard Gaudreault, président de l’OMH. On doit féliciter Sœur Thérèse Charbonneau (ancienne supérieure générale de la Congrégation) et Jean-Pierre Lemire (directeur de l’OMH), qui en ont été les bougies d’allumage», a-t-il signalé.

