Prise de court devant le marché actuel de la construction, la Ville de Rouyn-Noranda avait laissé planer la possibilité d’un dépassement de coûts en novembre dernier, lors du lancement de la phase 1 des travaux, et ce dépassement a été annoncé le 14 mars à l’assemblée publique du conseil municipal, à la suite de la fermeture des soumissions pour la phase 2: selon les chiffres dévoilés par la Ville, il en coûtera jusqu’à 2,1 millions $ de plus que les 11,2 millions prévus au départ, portant le coût total du projet à 13,3 millions.
Non, la tournure des événements ne fait pas l’affaire du maire Mario Provencher et du conseil municipal. «Nous sommes très déçus; on espérait que le marché allait jouer en notre faveur, mais ça n’a pas été le cas, a reconnu M. Provencher. Il y a eu seulement deux soumissionnaires pour chaque phase, le marché a évolué (à la hausse) et on a perdu un an à cause du référendum. Un an, ce n’est pas rien avec l’augmentation de 6 ou 7 pour cent par année des coûts de construction, surtout qu’en Abitibi, construire coûte de 20 à 30 pour cent plus cher qu’ailleurs au Québec», a-t-il souligné.
Pépin Fortin remporte encore la mise
Dans ce montant de 2,1 millions supplémentaires, on inclut l’emprunt d’une somme de 700 000 $, prévue depuis décembre, pour répondre aux nouvelles normes parasismiques, entre autres choses. Reste donc un nouveau montant de 1,4 million à emprunter. «Il est possible que ce montant de 1,4 million soit revu à la baisse le 28 mars (à la prochaine assemblée publique du conseil municipal)», a affirmé le maire Provencher.
Après avoir obtenu le contrat de la phase 1 avec une soumission de 5,7 millions, l’entreprise Pépin Fortin de Val-d’Or a aussi décroché le contrat pour réaliser les travaux de la phase 2, cette fois avec une soumission de 6,9 millions. Talbon, la seule autre entreprise à tenter sa chance, avait fait une soumission de 7,9 millions.
«En lançant l’appel d’offres d’un océan à l’autre, on espérait énormément recevoir des soumissions d’un peu partout, avec des montants moins élevés, a mentionné Mario Provencher. Pour le nouveau centre d’exposition, par exemple, nous avons eu cinq soumissionnaires et on rentre dans les coûts prévus.»
Un engagement de réalisation
Mario Provencher sait bien que ce dépassement de coûts risque de lui attirer des critiques de la part des contribuables. «C’est sûr que des gens vont s’objecter, mais le processus est commencé et nous avons un engagement de réalisation du projet, a-t-il signalé. Et je ne peux pas blâmer nos gens qui travaillent sur le dossier; ils ont tout fait pour garder les coûts le plus bas possible, mais le marché n’est pas favorable.»
La Ville aurait le droit de retourner en soumissions, sauf qu’elle ne peut se permettre de retarder les travaux, question de ne pas perdre les subventions des gouvernements. «Le temps jouait contre nous», a indiqué le maire Provencher.
La phase 2 du projet comporte de nombreux éléments, comme par exemple l’installation de sièges neufs, l’aménagement de nouvelles loges, l’agrandissement du côté de l’avenue Murdoch et la mise aux normes, notamment pour le nombre de salles de bain et l’espace de circulation dans l’amphithéâtre.
«L’aréna sera prêt pour la saison 2012-2013, soit l’année où nous allons gagner la Coupe Memorial!», a lancé un Mario Provencher pour le moins optimiste.
Ouf! Pour ça, va falloir que les Huskies se reconstruisent plus vite que leur aréna.

