C’est le cas de Martin Roy. Ce résident de Clerval travaille de nuit une semaine sur deux à Sainte-Germaine-Boulé. Lorsqu’il retourne à son domicile à la fin de son quart, vers 4h du matin, il soutient se faire régulièrement suivre et intercepter par des autopatrouilles.
«Je me fais coller au moins une à deux fois par mois. La voiture commence par me suivre presque collée sur mon pare-chocs pendant un ou deux kilomètres. Puis, elle allume ses gyrophares et le policier m’intercepte. Chaque fois, on me demande si j’ai consommé de l’alcool. Au début, je me disais que c’était normal, étant donné que je termine une heure après la fermeture des bars. Mais là, c’est rendu pire que pire. Il ne se passe pratiquement plus une semaine sans que ça m’arrive. J’ai vraiment l’impression de me faire harceler. Et je ne suis pas le seul à qui ça arrive», dénonce-t-il.
Vols et alcool en cause
Fatigués de faire l’objet de ces soi-disant incessantes interceptions, M. Roy et certains de ses collègues ont contacté le poste local de la Sûreté du Québec pour se plaindre. «On nous a répondu que c’était nécessaire parce qu’il y aurait plus de vols dans le secteur et que l’alcool au volant serait un problème plus important qu’ailleurs. Je veux bien croire qu’on a la réputation d’avoir le coude léger, mais il y a quand même bien des limites», rage-t-il.
«Je songe maintenant à poser un collant sur mon pare-chocs arrière pour dire aux policiers que je travaille de nuit et que je n’ai pas bu afin qu’ils me laissent tranquille.» - Martin Roy
Selon ses dires, il aurait même rencontré le directeur du poste de La Sarre pour lui exposer la situation. «Sauf que ça n’a pas arrêté pour autant. Je songe maintenant à poser un collant sur mon pare-chocs arrière pour dire aux policiers que je travaille de nuit et que je n’ai pas bu afin qu’ils me laissent tranquille», lance-t-il.
Procédure normale
Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Benoît Richard, soutient pour sa part qu’il est normal que des voitures isolées fassent l’objet de vérifications. «Un véhicule qui circule seul sur une route moins fréquentée attire plus l’attention que s’il est dans l’heure de pointe avec 250 autres voitures, fait-il observer. Et il est aussi normal qu’on procède à des contrôles plus serrés si on nous a signalé des vols.»
Selon le policier, qu’un même individu se fasse plusieurs fois contrôler s’il circule seul à des heures inhabituelles n’est pas exceptionnel. «Là où ça deviendrait une situation problématique, c’est si la même personne se faisait systématiquement intercepter par le même policier», précise-t-il.

