Le 13 avril, devant une salle comble au Centre de congrès de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger a levé son verre pour souligner les 85 ans de ce qu’il a qualifié de «deux fleurons de l’économie rouynorandienne», à savoir la fonderie Horne et… la CCIRN. Il aurait sans doute apprécié poursuivre sur cette lancée, mais plusieurs nuages l’ont contraint à afficher une mine plus sombre.
Le Nord des autresEn premier lieu, M. Loranger a déploré le fait que, malgré les appels répétés de la CCIRN et de plusieurs autres instances de la région, l’Abitibi-Témiscamingue ne soit toujours pas incluse dans le Plan Nord.
«On organise un Salon Plan Nord à Montréal (il devait avoir lieu les 20 et 21 avril), le maire de Québec et le premier ministre Jean Charest ont effectué une mission économique à Radisson, on concentre les investissements dans le sud, mais on oublie notre région. Lors de son passage chez nous, M. Charest avait pourtant qualifié l’Abitibi-Témiscamingue de rampe de lancement du projet, notamment grâce à l’expertise de nos entrepreneurs. Pire encore, nos députés Pierre Corbeil et Daniel Bernard gardent le silence, alors qu’au contraire, ils devraient tout faire pour qu’on obtienne gain de cause», a-t-il dénoncé.
Soulignant le caractère totalement arbitraire de la décision gouvernementale, basée sur la position géographique des parallèles, Jean-Claude Loranger a rappelé que la région n’était située «qu’à une minute du Plan Nord» et a proposé au gouvernement de créer une Zone Moyen-Nord, qui permettrait aux régions limitrophes d’obtenir elles aussi leur part du gâteau.
Visibilité fragile«Rouyn-Noranda doit arrêter, c’est de tenir des référendums à répétition. Développer une expertise dans ce domaine, ça ne mène à rien» - Jean-Claude Loranger
Le président de la CCIRN est aussi revenu à la charge avec l’agrandissement du Centre de congrès, un dossier qui tarde à se concrétiser. «Le jour où l’on n’arrivera plus à attirer des congrès d’envergure, faute de place, c’est une importante visibilité que Rouyn-Noranda va perdre. Ce sont aussi de précieuses occasions de réseautage qui vont s’envoler», a-t-il mis en garde.
Quant à l’argument avancé par la Ville comme quoi le secteur privé doit faire sa part dans le dossier, M. Loranger a rappelé que c’était déjà le cas. «C’est maintenant à la Ville d’être proactive», a-t-il lancé.
Une expertise dont on se passeraitDans la même veine, Jean-Claude Loranger a réclamé une collaboration plus étroite entre la Ville et la CCIRN pour faire avancer les dossiers économiques. «Une chose que Rouyn-Noranda doit arrêter, c’est de tenir des référendums à répétition, a-t-il fait valoir. Développer une expertise dans ce domaine, ça ne mène à rien. Sans ça, sans doute que des dossiers comme celui de la voie de contournement progresseraient plus vite.»

